Comment nos jugements ruinent notre épanouissement

Pourquoi devrions-nous nous sur soucier de nos jugements ? En quoi cela est un problème pour notre épanouissement ? Quel rapport a-t-il avec la pleine conscience ?

Le jugement est une évaluation que nous portons à l’égard de simples objets, d’une situation ou d’une personne. Alors lorsque nous jugeons, notre esprit crée des divisions dans la réalité et sépare le monde en plusieurs catégories. Ainsi, nous décidons de ce que nous aimons ou n’aimons pas et nous étiquetons les choses comme étant bonnes ou mauvaises.

Concernant les personnes, nous pouvons les juger par rapport à leur apparence, leur comportement ou la façon dont elles choisissent de vivre.

Nous jugeons également les circonstances de vie dans lesquelles nous nous trouvons et décidons si elles nous dérangent ou nous posent problème. D’un autre côté, nous pouvons également décider qu’une situation ou qu’une relation est belle.

Et enfin, ce que nous jugeons le plus est nous-mêmes et ce de manière constante. Ainsi, pour chaque petite chose que nous faisons, nous nous évaluons en décidant que ce nous faisons est mauvais ou non.

Jugements étiquettes
Notre esprit crée des divisions et sépare la réalité en plusieurs catégories. Ainsi, nous étiquetons les choses comme étant bonnes ou mauvaises.
Un programme bien conçu mais obsolète

Comme beaucoup de nos traits psychologiques, ce mode de pensée provient de notre besoin de survie. Durant l’évolution humaine, cette capacité de décider si une chose nous était bénéfique ou nocive a servi pour la conservation et la reproduction de notre espèce. Si bien que notre esprit est toujours à l’affut de ce qui est favorable ou non à notre préservation. De cette manière, notre mode de fonctionnement par défaut et d’observer autour de nous ce qui est utile. Puis, pour ce qui ne l’est pas, nous décidons de le qualifier de mauvais ou de l’ignorer.

Quand nous pensons qu’une personne est foncièrement mauvaise, nous avons un biais de confirmation qui nous poussera à voir tout ce qu’il y a de négatif à propos de cette personne. De plus, si cette personne se comporte mal ou tient un langage grossier, nous nous empresserons de manifester notre désamour alors que si une personne qui nous est chère, comme notre meilleur ami ou un membre proche de notre famille se comportait exactement de la même manière, nous le trouverons hilarant. Cela démontre à quel point notre jugement à propos de la réalité n’est qu’une projection de nos pensées.

Des études fascinantes l’ont démontré. Notamment des gens à qui l’ont a proposé de lire un texte après leur avoir indiqué qu’il venait du mouvement politique adverse. Dans ces cas, les personnes testées méprisaient automatiquement le contenu du texte, voire ne le lisaient même pas. Or, ils avaient cette réaction négative, même quand l’auteur était en réalité un membre de leur parti.

Vous aussi, remarquez quand vous n’aimez pas une personne à quel point, vous commencez à la trouver repoussante.

De ce fait, le bon et le mauvais n’existent pas dans la réalité. Celle-ci est absolument neutre. C’est nous qui créons cette division de manière totalement arbitraire.

Si notre jugement n’a pas de lien avec la réalité est n’est qu’une illusion crée de manière subjective pour notre survie, en quoi cela nous empêche-t-il d’être heureux ?

Jugement et bonheur ne peuvent pas coexister car l’opposé du jugement est l’acceptation de la réalité. Or, l’acceptation de la réalité est une des clés du bonheur. Particulièrement la satisfaction d’être là, ici et maintenant sans pensées parasites. Ainsi, juger nous place dans une lutte et une résistance face à la vie. Cela implique la plupart du temps que nous devons changer quelque chose pour nous sentir bien et accéder à une réalité qui correspond à nos attentes. En fait, ce un jeu impossible à gagner.

De plus, le jugement est une activité inconsciente. Par exemple, nous le pratiquons quand nous sommes au volant ou quand nous voyons une personne marcher dans la rue. Ainsi, nous pouvons spontanément trouver qu’elle a une coupe de cheveux ou une tenue bizarre. Nous pouvons trouver une voiture moche ou qu’une idée est stupide. Nous ne nous rendons pas compte de ce comportement qui peut rapidement devenir toxique.

Certes, il y a bon nombre de choses qui sont réellement mauvaise pour nous. Une personne qui tente de nous cambrioler par exemple. A l’inverse, une belle relation est une bonne chose. Pour ces cas de figure, il s’agit de bon sens. En revanche, le problème survient quand le jugement est permanent. Quand nous analysons sans cesse et recherchons toujours quelque chose de mieux. Ainsi, il s’agit d’un cycle sans fin dans lequel nous ne pouvons pas nous épanouir. Imaginez ici un hamster qui cours dans sa roue durant toute sa vie.

Imaginons que l’on nous donne tout ce qu’il y a de meilleur dans le monde. Que pensez-vous que nous ferions ? Eh bien, nous commencerions à recréer des divisions au sein de notre nouvelle réalité. A partir de là, nous y trouverons toujours des défauts. Bref, le jugement nous ferait retomber dans son piège.

Jugements mental
La réalité n’est qu’une projection de nos pensées. Au lieu de vivre dans le moment présent, nous sommes enfermés dans notre propre tête.
La richesse dans la simplicité

Quand vous regardez un objet simple, tel qu’un verre ou une assiette alors que vous vous apprêtez à dresser une table pour un diner. Votre relation avec cet objet (faisant partie de la réalité) est complètement déformée par le fil de vos pensées. Nous pensons et jugeons : « Ce verre est joli ». « Cette assiette n’est pas assez grande ». « Ai-je assez de couverts ? ».

Ce dialogue interne tournée seulement vers l’utilité de l’objet vous détourne du moment présent. Au lieu de vivre, vous êtes enfermés dans votre propre tête. Ainsi, quand notre seul rapport au monde est créé à 100% dans notre mental, nous ne pouvons pas voir les choses ou les personnes que comme des moyens d’accomplir quelque chose pour nous-même ou nourrir notre égo.

Néanmoins, nous pouvons cesser de coller nos pensées partout comme des étiquettes et accepter la réalité telle quelle. Car ces étiquettes finissent par modifier notre façon de voir le monde, notre comportement et notre esprit.

Prenons votre smartphone par exemple, vous ne le voyez que comme un moyen d’envoyer un message ou regarder une vidéo. Alors que, si vous stoppez le fil des pensées liées au jugement, vous pourrez voir le téléphone dans son intégralité et réaliser que c’est une merveille de technologie. Ce que je décris ici est très subtil car il s’agit de votre rapport au monde. Ne percevoir la réalité que dans le prisme de sa propre survie en jugeant ce qui utile ou non, bon ou mauvais, nous écarte de l’essence profonde de la vie et de ce fait, de notre bonheur.

Ceux qui parviennent à accepter toute la réalité sans la diviser et en la laissant être ce qu’elle est, en tirent un immense bonheur et une grande force.

Souvenez-vous d’une fois ou vous aviez pu admirer un magnifique coucher de soleil. Vous regardiez la superbe lumière orange à travers les nuages et durant un court moment, vous avez ressenti de la satisfaction et de la paix. Vous pouvez penser que, bien sûr, c’est la beauté du paysage qui vous a rendu heureux mais en vrai, c’est seulement parce qu’à ce moment, vous n’aviez plus besoin de quoi que ce soit. Vous n’avez pas essayé d’évaluer la valeur du paysage ou son utilité. L’expérience vécue était une fin en soi. Vous aviez ressenti ce calme parce que vous ne faisiez plus qu’un avec le monde en abandonnant le jugement.

Nous pouvons cultiver cette joie intérieure tous les jours sans forcément avoir besoin de voyager à l’autre bout du monde dans le but d’admirer une scène à couper le souffle. En fait, cet état d’esprit peut être reproduit dans la vie de tous les jours, dans des moments tout à fait banals. Pour cela, il nous suffit de porter notre attention sur nos perceptions, sans porter le moindre jugement. Pour s’entrainer à faire taire les commentaires de la voix dans notre tête, la méditation de pleine conscience est le meilleur outil à notre disposition. Concrètement, la pratique consiste à réaliser que nous sommes en train d’évaluer et de porter un jugement, puis de revenir dans le moment présent en nous concentrant sur nos 5 sens et notre état émotionnel. De plus, nous pouvons ressentir profondément notre respiration pour nous permettre de retourner à un état d’apaisement. A ce moment-là, notre relation aux autres personnes et aux objets va devenir plus intense. Si bien que nous serons mieux ancrés dans l’expérience dénuée de labels ou d’étiquettes. Enfin, notre vision du monde sera moins artificielle et beaucoup plus proche de la nature même de notre existence.

Jugements bonheur
Ceux qui parviennent à accepter toute la réalité sans la diviser et en la laissant être ce qu’elle est, en tirent un immense bonheur et une grande force.

Merci de me laisser votre commentaire pour me faire part de votre réaction et de suivre la page Facebook si vous avez aimé cet article. N’hésitez pas aussi à le partager avec vos amis si le contenu vous a intéressé. Pour me contacter directement, vous pouvez laisser un message ici.

Partagez l'article :
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

3 commentaires

  1. Merci pour cet article. Les exemples concrets permettent de s’approprier les idées facilement, et ça fait avancer.

  2. Merci pour cet article ! Je suis d’accord que lorsque nous acceptons le monde tel qu’il est, les gens tels qu’ils sont, et réalisant que nous ne pouvons rien changer en eux, mais que nous ne pouvons que nous corriger et nous changer, alors nous serons vraiment heureux.

  3. 🙏 merci pour traiter ce sujet qui revêt une grande importance pour notre ouverture à la Conscience … avec un grand ‘C’ … c’est à dire à celle qui unie tous les atomes de l’Univers … et pour y arriver il est bien nécéssaire de savoir vivre le moment présent dénué de tous jugement … enfin selon moi 😉

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *